De part et d'autre du Rhin…

… les viennoiseries et pâtisseries, si elles ne changent pas forcément de nom, changent toujours de robe. Comparez un croissant français et un allemand, une tarte aux fruits française et un gâteau (le mot « tarte » ici n’existe pas) aux fruits allemand qui se voudrait similaire, un chausson aux pommes français à une Apfeltasche allemande, et vous me direz quels sont leurs points communs… Quant au petit.pain au chocolat et au Schokocroissant, là tout diffère ! Mais même les « petits fours » ne sont plus reconnaissables…laissons également de côté les crêpes, qui sont un chapitre à part, et auxquelles il manque toujours le beurre, la finesse… et la légèreté.

 

Ce qui frappe, d’emblée, en poussant la porte d’une pâtisserie allemande, c’est l’épaisseur des gâteaux, ce sont les portions rabelaisiennes déposées dans les assiettes, qui font paraître congrus les puits d’amour et autres minimales tartelettes au citron.

Une superposition à vous donner le vertige de fonds plus ou moins étouffe-chrétiens, de « pudding » à la vanille et autres appareils aux noisettes ou au chocolat, de massepain, de crème fouettée, de fruits en boîte disparaissant sous une épaisse couche de gélifiant. Mais pas l’ombre d’une simple petite tarte aux pommes à la mince pâte feuilletée, ni d’un sobre éclair au café, et encore moins d’un macaron moelleux …

 

Ni la variété ni la délicatesse ne sont les attributs de la pâtisserie allemande. De surcroît, d’inévitables glaçages collants et inutiles rehaussent la teneur en sucre, déjà prédominante, quand ce ne sont pas les incontournables gélifiants multicolores qui perturbent la texture. Combien d’inutiles et sempiternels champs de crème fouettée faut-il traverser avant d’arriver au cœur du sujet ??

Le pire, ce sont les gâteaux congelés, un summum de l’écœurement, un apogée de mauvais goût culminant dans la médiocrité gustative. Même Picard fait mieux…

 

Bien sûr, nous avons les saint-honorés et les barquettes aux marrons, les crèmes au beurre et la chantilly, les babas collants de sucre, qui ne sont pas exactement ce que l’on pourrait traiter d’allégorie à la légèreté, mais dans l’ensemble, la pâtisserie française regorge, à mon avis, de bien plus de trésors que l’allemande et se décline sur une gamme de variations infinies.

 

Une exception cependant : le véritable Butterkuchen, tout frais, croustillant et moelleux à la fois, aux arômes délicats de beurre et de sucre légèrement caramélisé, lorsqu’il a été fait maison par une experte en la matière (la pâte levée n’est pas l’apanage de toute cuisinière émérite) ou cuit dans un four à bois, comme on le déguste à Worpswede. Là, rien à dire. La perfection reste encore et toujours synonyme de simplicité.

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