Sommet G8 à Heiligendamm

Ce n’est ni une utopie, ni une hérésie: le monde actuel recèle de quoi nourrir tous les habitants de cette terre. Comme le déclare Jean Ziegler, tout enfant qui meurt de faim aujourd’hui est victime d’un crime.

En subventionnant ici des systèmes agricoles qui, sinon, tourneraient à vide, on ouvre la porte aux exportations de nos productions vers les pays du Tiers-Monde, où les propres produits deviennent alors invendables car ils sont plus chers que ceux en provenance d’Europe, ce qui, selon toute logique, est absolument incongru et se répercute de façon dramatique à la fois sur les structures de la société indigène, sur l’environnement local et l’économie du pays (abandon des cultures comme des structures familiales traditionnelles, désertification des jachères, accroissement de la population des villes avec son cortège de misère et de maladies contagieuses, etc.).

La politique est devenue l’outil majeur de l’économie pour imposer ses règles du jeu sur l’échiquier mondial et obtenir des profits inestimables. Le consommateur à lui seul s’avère impuissant pour freiner de façon durable cet engrenage. Il lui faut les assises d’une politique reflétant l’opinion des citoyens de ce monde, une politique qui ne se laissera plus graisser la patte, mais qui obtiendra d’établir une base éthique afin de soutenir un développement durable, aux répercussions positives sur le reste de la planète…

Ce n’est pas exagéré de réclamer que les droits des uns soient les droits des autres et que la vie d’un être humain ici ait autant de valeur que celle de celui ou celle qui vit à l’autre bout du monde. Ce n’est pas dangereux d’exiger de nos chefs d’État qu’ils prennent enfin conscience de leurs responsabilités et qu’ils s’engagent sur une voie différente, une voie équitable, vers un avenir qui peut être autre.

La prise de conscience est lente à venir, mais elle se fait : regardons le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide, et réjouissons-nous que de nombreuses personnalités prennent la parole et clament haut et fort que l’injustice n’a pas sa raison d’être en ce XXIe siècle. Ils ne peuvent être traités de fous ni d’incompétents, encore moins de rêveurs, ces Jakob von Uexküll (fondateur du Prix Nobel alternatif), Jean Ziegler (ce sociologue helvétique qui n’a pas froid aux yeux et dénonce sans relâche les « inhumanités »), le Dr. Heiner Geißler (ancien secrétaire général du parti CDU qui s’engage aux côtés d’attac)…

Nous avons le choix de décider de ce que nous voulons devenir : développer en nous le diable ou l’ange.

Les politiciens ont ce choix également, à nous de leur faire comprendre en réagissant, en ne succombant ni à la léthargie ni au sentiment d’impuissance.

Durant le sommet de Heiligendamm, il se tiendra à Rostock un sommet alternatif avec de nombreuses discussions, des workshops, des manifestations placés sous le signe de l’échange et non pas celui de l’exploitation, avec la participation de personnalités reconnues.

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Une réflexion sur « Sommet G8 à Heiligendamm »

  1. Comme d habitude Laurence…. toujours tres bien ecrit, meme si les idees sont parfois un peu poussees a l extreme…..

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